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jeudi 5 juin 2014

another jeudi in my life à la con

19:13
J'oublie un truc. J'oublie un truc... Joublieuntrucjoublieuntrucjoublieuntrucjoubl... Ah! Je sais. 
J'ai oublié de manger.

7:58: je m'extirpe du lit, sans oublier mon podomètre, pardon : mon pulse!
J'ai entraîné mes collègues dans un truc d'américains, un challenge intercorporate mondial pour challenger ton activité quotidienne, get ze world moving, tu vois le truc...
Bref, je suis capitaine d'équipe, mais loin d'être la première dans mes performances sportives...
8:12: petit déjeuner avec ma maman qui reprend le train aujourd'hui vers sa maison.
Bilot est à bloc, les élèves de l'Elementaire font une sortie vélo. Elle nous a improvisé un petit look de sportive qui picote un peu les yeux mais pas trop. Le blond-blond est dans les starting blocks aussi et déjà à mi chemin de la côte avant qu'on ait eu le temps d'ouvrir la porte.
9:17: j'arrive au bureau et je commence la lente tâche de remonter mes 112 mails en retard. Tonneau des danaïdes moderne, les mails tombent plus vite qu'on ne les lit, sans parler du temps qu'il faut pour les traiter, sans parler de celui qu'il faudrait pour le faire bien...
10:13: ma collègue m'appelle, elle est en home office depuis 3 jours pour cause de  cheville qui a fait crac ce weekend. Le radiologue a dit 'ligaments croisés'. J'aime pas bien ce radiologue.
10:45: notre assistante vient me voir au bord de la crise de nerfs, elle ne sait plus comment faire pour faire comprendre à nos collègues de Californie qu'on leur demande juste de découper un grand rectangle en petits carrés. J'ai l'impression qu'elle va pleurer. Alors je le fais à sa place. Pas pleurer, hein! Expliquer. Ce n'est que la 4ème fois, ils n'y mettent pas beaucoup de bonne volonté ces américains. 
Petit à petit je sens le stress monter, je n'arrive plus très bien à faire un job et demi au quotidien, surtout en travaillant 3-4 jours par semaine (ponts à la pelle + obligation de solder mes congés de l'année dernière) en gros j'ai toujours un job et demi mais à faire en 3/4 temps. 
Eh ben c'est pas très drôle... Certes j'ai eu de beaux week ends depuis un mois, mais je les ai drôlement payés.
13:19: visite du dir de prod (mon copain de bureau), nous discutons à bâtons rompus de la visite d'usine que j'ai faite pour lui hier (aller-retour à Bordeaux= 5h de rendez-vous + 7h de voiture, youhou).
13:49: visite du dir supply chain, mon chef, qui a envie de parler mais je ne sais pas trop de quoi. Il m'a l'air bien au taquet aussi, du coup notre conversation à tous les trois saute du coq à l'âne sans être tellement efficace. Ça se termine sur un:
Moi: vous vous rappelez ce que je vous ai dit la semaine dernière?
Lui: ... vous m'aviez pas dit ça.
Le dir de prod: --- sort mort de rire---
C'est pas ce qu'on peut appeler de la communication efficiente.
13:58: conf call avec encore d'autres américains, encore pour le programme de migration informatique.
Demande: Donnez nous les noms des personnes qui rempliront cette liste de tâches demain
Notre Réponse: On ne sait pas. 
Leur Réponse: Donnez la nous quand même.
Pfffffff
15:27: autre conf call avec encore d'autres américains, encore pour le programme de migration informatique.
Ils nous demandent d'envoyer 3 personnes à un meeting en Angleterre. Pour faire quoi au juste? Je sens bien venir que les 3 personnes ça va être moi.
Pffffff
16:57: je suis restée en meeting room dans l'idée illusoire que je gagnerais un peu de temps si j'économisais celui de retraverser l'étage. Mauvais calcul 1/ parce que ça ne fait pas avancer mon podomètre 2/ parce qu'en meeting room les gens  viennent te meeter. Je me replie vers mon bureau.
Ce qui me déprime le plus, c'est que la masse des demandes que je dois traiter est si grande et surtout si disparate que je n'arrive plus à rien mémoriser. Je prends connaissance des demandes, je les traite, j'y réponds, la demande suivante écrase la précédente. Niveau recul et vue d'ensemble, chapeau...
19:12: il fait une chaleur tropicale dans mon bureau aux fenêtres qui ne s'ouvrent pas (baie vitrée sur couloir vitré exposé plein ouest), je torche 3 derniers sujets et je plie bagages. C'est un peu juste pour la jonction à la maison avant le cours de judo de l'Homme alors je récupère mes poulets sur le parking du dojo. Pas le courage de rentrer faire la cuisine, trop tard pour commander des pizzas, l'Homme met son veto pour un Maqueudo... Pfffff 
Les enfants, si on allait tester le nouveau F-lunch?! Oups. Bilan du test: j
e préfère encore Maqueudo. Un steak haché douteux avec des frites molles... Même avec mon ventre tout vide, j'ai du mal à me motiver. Heureusement mes enfants sont des merveilles, ils se réjouissent de tout, du Bepsi tiède au jouet en acrylique. Ils passent le dîner à me dire qu'ils sont ravis, que c'est une trop-super journée, que merci maman! Au moment de partir ils ne font pas un pli pour sortir de la cage à hamsters, sautillent dans la voiture... Des amours.
Moi: mes chéris, je vous préviens je suis très très fatiguée ce soir. Je fais des efforts pour ne pas vous râler dessus parce que vous ne le méritez pas, mais je vous préviens quand même
Bilot: d'accord maman!
Blond-blond: abracadabra! Tour de magie que maman ne soit plus fatiguée!
Moi: huhu! Je suis toujours fatiguée mais tu me fais bien rire!
Bilot: abracadabra que maman soit heureuse!
Franchement, comment pourrait-on ne pas être heureuse avec des supers poulets comme ça?
21:27: enfin à la maison. Y a un truc qui pue la mort dans ma cuisine et des miettes sales plein la table. Beeuuu. Pas le courage d'investiguer la source de l'odeur, je passe un coup d'éponge intégral sur toutes les surfaces horizontales pendant que les enfants se brossent les dents. 
21:54: histoire du soir. La honte quand on pense qu'ils ont école demain. L'Homme rentre du judo et va se bricoler un casse-dalle. Si j'allais voir je suppose que je retrouverais des miettes sales plein la table, mais je choisis de l'ignorer jusqu'à demain.

Je range mon podomètre, pardon: mon pulse, en me couchant. 2754 pas. Le score le plus nul de la semaine. Lamentable.

jeudi 23 janvier 2014

a jeudi in my life, one more time

--:-- Je me réveille avant la sonnerie du réveil. C'est louche.
7:46 Effectivement, c'était louche. J'ai juste oublié de reprogrammer le réveil hier soir.
7:57 Tournée des chambres pour réveiller tous les Th..., comme tous les matins mademoiselle Bilot n'aime pas les vêtements que je lui préparés, aujourd'hui ce sont les chaussettes qui ne sont pas à son goût. Je pars me peigner (je dis ça, en fait je vais surtout me maquiller mais ça vexe ma vanité de le dire). Quand je sors de la salle de bains, Bilot a enfilé des chaussettes fuchsia et elle a consciencieusement rentré le bas de son jean dans les chaussettes.
moi: Mais Bilot! Pourquoi tu fais ça?
elle: Pour pas avoir froid.
moi: Mais c'est moche!
elle: Et alors?
*soupir* qui suis-je pour prétendre avoir l'apanage du bon goût....
8:43 Comme tous les matins, je devrais être partie depuis 13 minutes. J'attrape mon triple-decker pain de mie-beurre-confiture et mes clés de voiture et zou!
9:12 Comme tous les matins je me gare sur le parking du bureau synchro avec le passage d'antenne CohenClark sur France Inter.
9:17 Comme tous les matins, tournée de l'étage pour dire bonjour et répondre aux premières questions, récupérer un paquet de commandes à signer et de factures à contrôler. Une nouvelle boîte de chocolats est arrivée, je regarde ailleurs, janvier est un défilé incessant de chocolats et de galettes et je ne sais pas refuser.
9:37 Un des chargés d'affaires vient me parler de la rumeur du jour, selon laquelle les matières nécessaires à la production seraient bloquées en douanes aux EtatsUnis et qu'il serait question de mettre tous les intérimaires au chômage dès lundi. J'en conclus que la prochaine fois, au lieu de dire 'il y a un retard de traitement en douanes, j'aurai une date de livraison mise à jour demain' je dirai juste rien.
10:02 Mon rendez-vous est arrivé, un fournisseur anglais qui me rend visite tous les deux mois est qui est incroyablement bavard. Je le laisse parler pendant 25 minutes en émettant des 'hun-hun' de temps en temps avant d'arriver à en placer une. Je l'emmène à l'atelier de production constater un défaut matière et jouer les traductrices entre lui, l'opérateur et les magasiniers. Je lui promets qu'en 2014 je viendrai visiter son usine, il me répond qu'il ne me croit pas vu que j'ai dit ça toute l'année 2013, je lui dis que si même que je l'ai mis dans mes objectifs annuels. Et toc.
12:15 Mon rendez-vous envolé tel Cendrillon qui réalise que son avion va se changer en citrouille, j'avance sur les dossiers en cours. A croire que tous les fournisseurs livrent en retard exprès ce mois ci. L'Italie annonce 2 semaines de retard, les US plutôt 5 ou 6, l'Angleterre ne répond même pas. Pffff.
13:48 La DAF vient me voir pour la 3e fois avec un air de chaton battu, je crois qu'elle a arrêté les anti-dépresseurs et ce n'était peut-être pas une bonne idée.
Petit à petit les mails s'accumulent dans ma boîte 'à traiter'
14:25 Mon 2e rendez-vous est arrivé, un transporteur aérien et maritime avec qui je discute palettes, containers réfrigérés, encombrement du port de Houston et codes douaniers pendant une heure. Il repart en me laissant un sac plein de calendriers, d'agendas, de stylos jaunes et de... ah tiens, raclettes à pare-brise à moins que ce ne soit un sex-toy bizarre? que je distribue à mes collègues.
15:46 Je mets mon déjeuner au micro-ondes
15:55 L' acheteuse m'apporte une pile de documents à signer, j'ai la bouche pleine et mon bureau empeste le chili. Heureusement, j'ai investi dans les huiles essentielles. Je jongle entre la calculette, la fourchette et le stylo pour signer en écoutant ma petite acheteuse me parler de son déménagement, du RTT que du coup elle va prendre pendant la clôture mensuelle, des rumeurs qui circulent dans la boîte de notre prochain déménagement à Montauban, parce que comment ça se fait que le responsable logistique visite un entrepôt de 6000m2 alors que l'actuel en fait la moitié si c'est pas pour déménager tous les bureaux?... Je la rassure en lui faisant remarquer que ça fait des années que notre entrepôt est à 30km, qu'on le trouve trop petit et que peut être en chercher un plus grand juste 20km plus loin n'est pas forcément délirant, que par ailleurs nos murs ont littéralement été construits autour de l'équipement industriel et que déménager voudrait dire abandonner les machines donc finalement quel intérêt de déplacer les bureaux à 50km pour y perdre le matériel et probablement la moitié du personnel? mais il semble que la rumeur l'emporte sur le raisonnement logique. Normal.
16:14 Il faut se rendre à l'évidence, je suis grave en retard. Ma collègue-moitié est en arrêt maladie depuis 2 semaines, j'ai passé la matinée d'hier en audit et la moitié de la journée en rendez-vous et des emmerdes tombent tous les quarts d'heure.
Allez on s'attèle aux rames.
18:13 J'appelle mon collègue de la logistique, lui aussi c'est un galérien de bureau, il répond au téléphone après 18:00. Pendant ce temps notre chargé d'affaires anglais campe en face de moi avec un dossier sous le bras.
18:37 Il faut se rendre à l'évidence, je suis partie pour faire nocturne. J'ai un rapport à envoyer à mon n+1 en pointillés américain qui traîne depuis vendredi dernier; y a pas moyen, faut que je le tombe ce soir.
18:59 oh merd.. surpraïse! Mais qui voilà qui frappe à ma porte? Le patron anglais de la division, 3e à droite après dieu, punaise j'ai trop de bol. "Hello, qu'il dit, ça fait plaisir de vous voir avec le sourire!" (je traduis, hein, pour les monoglottes) "Hello! Vous même!" que je réponds avec mon sens inné du totalement inapproprié. S'ensuit un échange standard de politesses. Je vais vous épargner les détails mais en gros, je suis programmée pour donner les mauvaises réponses. Face à un big boss qui me parle c'est un peu comme si j'avais un plan drague avec... je sais pas, Brad Pitt, et à une méga perche genre "mm, ça sent bon, c'est ton parfum?" je répondrais "non, je crois pas, j'ai mangé un poney faisandé" La calamité, quoi. Sabotage-girl, c'est moi. Bref il n'est pas resté longtemps, ça m'a évité de m'enfoncer. Heureusement parce que j'avais déjà pas mal touché le fond, j'allais sortir la pelle pour creuser plus bas.
19:24 J'ai fini mon rapport, débranché la machine, embarqué ma lunchbox sale et enfourché mon monospace.
20:07 J'ai à peine poussé la porte de la maison que les 2 poulets piaillent en coeur "Tu t'assieds à table à côté de moi?! Non moi! Non moi! Bon alors moi je me couche dans ton lit! Non, c'est mon tour!!..." Laissez moi donc poser mon manteau et mes chaussures pour commencer, les chéris.
20:11 Dîner soupe-poire, ça compensera les chocolats. De toute façon, vu que j'ai mangé il y a 4h, je suis pas spécialement affamée.
21:09 Brossage de dents en direct au téléphone avec Mamie
21:17 L'Homme lit l'histoire du soir pendant que je me décape la face
21:35 On couche ces enfants beaucoup trop tard... Bilot réclame une chanson pour s'endormir, les Daltons (je la convertis à Joe). A ma propre surprise, je me rappelle tous les couplets. 
21:41 Le Pépère demande "Dame Tartine", que je lui chante pour la 287e fois au moins, mais cette fois il voudrait "Dame Tartine de beurre". Quelqu'un aurait les paroles?
23:32 Je termine ce looong post. Bravo si vous en êtes venus à bout.
23:33 J'ai faim

mercredi 25 septembre 2013

a jeudi in the life_guest star (3)

Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, j'ai une affinité naturelle avec les Sophie. Sophie là haut sur la montagne, Sophie mon ex-siamoise de bureau, et Sophie ma pote de between 2 jobs qui n'est plus between 2 jobs depuis peu et qui me fait l'honneur du récit de sa rentrée.
a jeudi in the life of Sophie ChaLu
38 ème jeudi de l'an de Grâce 2013.

Cela faisait 32 jeudis que j'avais arrêté de travailler...et à peu prêt 64 que j'avais promis à ma copine d'en raconter un.
Si je l'avais fait plus tôt, j'aurais parlé de mes longs trajets vers la très belle préfecture du Tarn, des courses faites entre midi et deux pour gagner/tuer du temps (ça dépend des jours, le Tarn, c'est tout de même très calme). Pour cause de confidentialité, je n'aurais pas pu parler de mon ancien boulot ou "la situation était grave mais pas désespérée", ensuite, pour cause de chômage, je n'aurais pas pu parler de boulot du tout et pour cause de grosse flemme, je n'ai jamais trouvé le bon moment.

Désormais, je suis censée être une fille bien reposée, qui a eu le temps de bien organiser sa maisonnée (et ses habitants) afin d'attaquer avec enthousiasme sa nouvelle, nouvelle, nouvelle, nouvelle, nouvelle carrière professionnelle.
Mouaich, faut voir.
Pour fêter le retour au travail de sa mère, petit dernier a décidé de faire une bronchite, dès le premier jour. L'ainé, pas en reste, s'y est mis ce matin, certainement pour que Maman ait des tas de choses à raconter dans le blog de sa super copine.
"Ça commence bien" me suis-je dit.
Mais c'était sans compter sur le Mâle Alpha qui s'est transformé en louve afin de soigner ses petits toute la semaine.
En bonne Nana, j'ai tenté plusieurs fois de rester à la maison afin qu'il puisse s'acquitter vaillamment de ses obligations professionnelles, mais il m'a répondu fermement : "Ah, non, pas d'absence, ça craint trop la première semaine !"
Oui, oui, tu as bien lu l'amie...C'est l'avantage de vivre avec un "son propre patron", on n'est pas riche mais on a des bonus temps.

Alors voilà, le coeur léger et rassurée de savoir ma progéniture en sureté, je suis partie héler mon bus. Oui, LE BUS !

Après vingt ans de carrière, ça y est, mes efforts ont payé, je travaille en ville !
Fini, les rendez-vous à 5 heures du mat dans un Carrouf du fin fond de la Meuse, fini "les 200 bornes pour le prochain client", fini la zone franche du nord de Paris ou y a même pas un boulangerie, fini le parking boueux et la campagne isolée de chez les deux psychopathes (ceux qui savent comprennent).
Maintenant, si je veux, entre midi et deux, ou, soyons folle, après le bureau , je peux aller :
Chez Monop ou, dans un parc, ou, chez le dentiste ou, m'acheter un livre ou, essayer n'importe quel resto ou, marcher sur un trottoir (une surface dure et plane).
Et puis aussi, je lis la presse des gens de la ville : 20 minutes et ses amis Metro et Direct Matin.
Et puis aussi, je peux mettre des chaussures de fille à talons, même si ça fait mal aux pieds, m'en fout, maintenant, je suis :
Ally Mc Beal, Olivia Pope ou Carry Bradshaw.
Il ne me reste plus qu'à perdre 25 kilos, à vendre mes enfants pour m'acheter des Louboutin et à faire mon droit à Harvard.

"Jean Jaurès", c'est là que je descends pour rejoindre ma nouvelle équipe qui est bien sympa et bien réelle.
Le temps d'apprendre le milliard de choses que je ne sais pas et hop, je rentre pour retrouver les trois êtres vivants que j'aime le plus. Le bain, les cris, les antibio, le diner, l'histoire du soir, les bisous et les câlins, y a rien de mieux et "y a d'l'amour le dedans".

samedi 18 mai 2013

Tenoorte par Lècre (a mercredi-jeudi-vendredi in my life)

 
 

« Dans 5200.. mètres, prenez la sortie.. Lècre.. direction.. Tenoorte. » dit la voix du GPS.
 
En Angleterre, quand on choisit l’option « français » de Tom-Tom on a aussi droit à l’accent. J’ai donc pris la sortie Leicester (Leic.r en abrégé) direction The North.

Oui, j’ai de la chance, à peine arrivée de Thaïlande je suis déjà repartie en Angleterre pour 2 jours de travail intensif. Et en plus je conduis, même pas peur c’est une boîte automatique, j’ai juste un peu tendance à raser les trottoirs sur ma gauche. Mais heureusement je dors dans un authentique château et je peux faire semblant d’être Elinor Dashwood si je veux. Même que.


De fait hier matin, en parcourant le labyrinthe qui mène au petit déjeuner (au bout du couloir à droite-gauche-droite, monter 8 marches, traverser un couloir, descendre 3 marches, prendre le couloir à droite, monter 10 marches, devant le pub prendre la galerie en pente à droite, longer le jardin, monter 7 marches à gauche, prendre un autre couloir à droite, descendre 6 marches, passer la double porte en bois, descendre 8 marches jusqu’à la réception, vous êtes arrivés) hier matin donc j’ai croisé Alice. Enfin un monsieur habillé en Alice avec la perruque blonde, la robe bleue, le tablier blanc et les souliers vernis, mais quand je l’ai raconté à mon chef en pointillé (j’ai un chef virtuel en ligne pleine et un chef en pointillé en Belgique, c’est pas chouette l’organisation matricielle ?) j’ai vu dans son œil qu’il ne me croyait pas.

Que fait-on en Angleterre pendant 2 jours ? On s’enferme dans un bureau et on travaille comme des fourmis pour inventer des sous. J’ai retrouvé ma collègue anglaise et mon chef pointillé et j’ai rencontré ma collègue américaine, nous avons déjeuné de sandwiches triangles oeuf-mayo et cheddar, nous avons dîné dans des pubs (The Morley Hayes, The Rose & Crown, ça sonne définitivement british, non ?) de rosbif, de yorkshire pudding et de fish and chips, nous avons bu des pintes au coin de la cheminée et nous avons eu froid et humide. Je crois que je suis re-enrhumée…

Nous avons aussi croisé la Reine de Cœur à la réception de l’hôtel en rentrant jeudi soir, ce qui prouve que je n’ai pas d’hallucination au réveil, ainsi que tous les pontes de ma boîte éparpillés dans les couloirs (mais pas déguisés) y compris le chef de mon chef pointillé qui a des dents de pub pour dentifrice et qui s’est invité à partager notre dîner. C’est pas de chance, il y a board meeting juste pendant les 2 jours de notre work-session, ce qui fait que nous sommes exilés dans une petite salle de réunion du bâtiment 2 et que je croise partout des gens que je vois habituellement en photo dans le corporate magazine avec des sourires plein de dents. Peut-être qu’ils ont tous fait un détartrage avant de venir ? C’était quoi déjà cette pub avec une radasse qui tenait une rose entre les dents et un body-buildé qui plongeait du haut d’une falaise ?

Vendredi 15h, j’ai vaillamment repris le volant de ma pétrolette, rallumé le GPS, pris la sortie «Teussoute direction London» et en voiture Simone, me voilà repartie vers l’aéroport.

J’ai pris le Birmingham-Francfort équipée d’un sandwich avocat-tomates séchées-roquette-olives noires (mmmmh !), étant donné que sur Brussels Airlines tu dois payer tes chips et que sur Lufthansa on te nourrit de Wiener Schnitzel froides et de patates-mayo à l’acide, je me méfie…

Je n’ai pas raté ma correspondance malgré les 25 minutes de retard à l’atterrissage, en revanche j’ai beaucoup couru. Par je ne sais quel miracle, je n’ai pas eu à repasser les contrôles de sécurité en entrant dans la zone Schengen sinon c’était une nuit à Schnitzel-land garantie, alors on va dire que ça s’est très bien passé.

Les taxis sont ridiculement longs à Francfort. Sur 1h45 de trajet en avion, on passe au moins 30 minutes à rouler (ou pas d’ailleurs entre les feux rouges, les priorités à droite, les embouteillages…) ce qui fait qu’au moment où on décolle on doit être plus ou moins arrivés dans la banlieue de Strasbourg.

Il me reste 25 minutes de vol, ensuite ce sera un peu de piétinement pour sortir de l’avion, exhumer le ticket de parking, se souvenir de la place (P1-7K22), un peu de périf, un peu d’autoroute, rentrer dans ma campagne, faire un bisou à l’Homme qui m’attend derrière son écran, vérifier qu’il n’a pas laissé le linge dans la machine depuis 3 jours, une tisane chaude, brosser mes dents, faire un bisou à mes poulets sans les réveiller (ou alors juste un peu pour avoir un bisou aussi) et DORMIR !!!

jeudi 7 février 2013

a jeudi in the life

..h.. : mon petit gars débarque, tétine au bec, pour demander que je l'accompagne aux toilettes.
..h.. : je me recouche. Le réveil sonne. Ah, il est 7h50.
Je grappille quand même 10min de sommeil en plus avant de me lever. Je décide de ne pas mettre une jupe pour la 3e fois consécutive sinon il va neiger, c'est trop inhabituel.
8h12 : je réveille mon Bilot pendant que le petit gars-zou s'habille tout seul dans sa chambre. Horreur, mon Bilot a un oeil poché. Conjonctivite soudaine ou piqûre d'insecte? C'est quasimodo de l'oeil gauche..
8h42 : je pars au travail, un toast beurré au bec
9h14 : mon rendez-vous du matin est arrivée, mais c'est une habituée de la maison, quasiment une collègue, elle est en train de faire une tournée de bonjours. Ma responsable n'est pas là, ce n'est pas officiel et en théorie personne ne le sait, elle ne reviendra pas. Travailler devient compliqué.
9h45 : j'entre en salle de réunion pour un rendez-vous en théorie court
13h55 : mon rendez-vous se termine de force, la salle est réservée pour une autre réunion.
14h : je vais déjeuner avec mon copain de bureau. Nous avons une discussion désabusée et conjecturelle sur les possibilités de travailler sans responsable à 3 niveaux consécutifs autour d'un sandwich bacon-avocat et une tarte à la pistache. La dame de la sandwicherie me rappelle pour la 3e fois que je dois valider ma carte de fidélité sur internet, je lui réponds pour la 3e fois que je trouve ce système bien compliqué.
15h25 : de retour au bureau, je dois abattre une journée de travail en 3h. Je bois un 6e what else, mais cette fois un déca.
18h53: au démarrage de la voiture, le twit-twit m'informe que je vais devoir rallonger le trajet de 10 minutes pour un détour à la pompe. Pfff...
19h02 : je me fais flasher sur le périphérique alors que le compteur affiche "90" tout rond.
19h35 : je rentre à la maison, mon Bilot joue à la pêche à la ligne sur la wii, 2 yeux symétriques, et mon Gazou est endormi sur le canapé en costume de pirate, un sabre glissé dans la ceinture. Il y a un raton-laveur coiffé d'un bicorne et un orque en peluche armé d'une masse dans l'escalier.
19h40 : je cuisine une soupe de légumes et une tatin d'endives pour le dîner, je vais réveiller mon petit garçon très grognon qui me souffle au passage qu'il n'a pas perdu de gommette à l'école (yes!)
20h07: Bilot me sort son cahier de liaison, le maître a écrit: "V.. n'écoute pas toujours les consignes, je souhaite que cela change". Ah. 
Suivi de: "Le mot n'a manifestement pas été montré". Re-Ah. (en même temps, s'il n'avait pas inséré son message entre deux notes sur la piscine datées du mois dernier, j'aurais peut-être pu le voir)
Bon, c'est parti pour un sermon sur l'écoute en classe, l'importance de l'école, la responsabilisation, et ragnagna... L'Homme fulmine, je vois bien qu'il estime que le seul traitement possible de cette situation serait une gueulante suivie d'une punition suivie de larmes en abondance. Le Bilot fait sa tête de bourrique... soirée de m..de.
20h22 : nous passons donc à table, l'Homme fait la gueule, le Bilot fait la gueule, le Gazou a la tête dans le pâté et moi j'en ai un petit, tout petit peu ras l'os...
20h55 :  A force de persévérance j'ai réussi à soutirer un sourire à chaque enfant et le téléphone n'a pas sonné de tout le dîner, bel exploit. L'Homme fait toujours la gueule, mais 2 sur 3 c'est déjà pas mal.
21h17 : brossage de dents, pyjamas, histoire du soir, les 2 poulets s'incrustent dans mon lit. Mon petit gars devient expert dans l'art de la négociation :
- Maman? j'ai pas perdu d'gommette! je peux dormir dans ton lit ce soir? .. si t'es d'accord!
- C'est un peu le tour de Bilot, tu sais..
- Oui. On peut venir tous les deux, hein. (sourire charmeur, tête en biais, mains sous le menton)
21h45 : extinction des feux pour les loulous et pour la maman par la force des choses.
22h30 : effets conjugués de mes 6 cafés et de sa sieste pré-dînatoire, le Gazou ne dort pas et moi non plus. Je le ramène dans son lit ("Ooh noooonnn!") et descends tapoter l'ordinateur.
23h58 : je vais re-tenter ma chance sur l'oreiller.



vendredi 11 janvier 2013

a jeudi in the life

échantillon gratuit de ma vie quotidienne.

7h50: le réveil sonne
7h55: le réveil sonne
8h00: le réveil sonne
8h05: le réveil sonne. Je me lève. Je prends le tas de vêtements que j'ai préparé hier soir et finalement je m'habille autrement parce que je n'ai pas le cheveu très propre et que je porte mieux le col v que le col roulé avec une queue de cheval.
8h15: l'Homme se lève et réveille Bilot. Je réveille le Gazou qui se roule en boule la tête dans l'oreiller et commence à grogner. Je l'habille alors qu'il n'a pas ouvert les yeux et se replie en bigorneau recroquevillé dès que je lache un membre. Il a froid, il ne veux pas aller à l'école, il veut mettre ses chaussettes roses et que je referme les volets tout de suite.
8h27: nous sommes à la table du petit déjeuner, je regarde les enfants manger en me demandant si je ne suis pas en train de voir une vidéo au ralenti.
8h45: je les houspille pour qu'ils enfilent manteaux, écharpes, chaussures et bonnets. Au moindre relâchement ils s'immobilisent comme si la vidéo était sur Pause.
8h52: je les fais monter en voiture toujours en les houspillant, ils ont chacun encore une demi tartine à la main. Nous faisons le tour de la moitié du village en voiture pour accéder à l'école qui est en haut de notre rue puisque maintenant elle est en sens unique (peste-râle).
Ah... pourquoi c'est moi qui les dépose à l'école? parce que l'Homme s'est à demi amputé la moitié des orteils du pied droit dimanche soir sur un rail de profilé alu en bricolant en tongs et donc je fais taxi scolaire le matin pour lui éviter un trajet jusqu'à l'école. Rapport à ce que c'est douloureux de pousser les pédales de la voiture avec des points de suture aux orteils, et à ce que pour accéder à l'école à pied il faut monter une bonne grosse pente bien raidasse.
9h01 (oué, en retard): je fais un bisou au Pépère à l'entrée de la classe maternelle, je mets dans ma poche son bout de tartine pas fini (berk). La maîtresse me demande des nouvelles de l'Homme et comment on procède à midi? Ah.
Bon, précisons, ils ne mangent jamais à la cantine les mardis et les jeudis c'est leur papa qui vient les chercher. Ce qui lui donne l'occasion de monter la côte 6 fois : à 9h pour les déposer, à 11h30 pour la sortie des maternelles, à 12h pour la sortie des CE, à 13h30 pour la reprise des maternelles, à 14h pour la reprise des CE, à 17h pour la fin des cours et +1 fois à 19h le mardi quand Bilot va au pingpong.
Je dis à la maîtresse que je n'ai pas d'indication particulière, ils ne sont pas inscrits à la cantine? (j'avoue, c'est bas, je sais très bien que non: même si on avait demandé qu'ils soient accueillis en cantine exceptionnellement un jour où ce n'est pas prévu, il aurait fallu faire la demande 3 semaines en avance). Son sourire se fige. Je vois bien dans son regard qu'elle se demande ce que c'est que ces boulets de parents qui ne sont pas fichus de se coordonner, mais elle garde vaillament le sourire. Alors je dis que je vais demander à l'Homme de l'appeler.
9h03: je file vers mon cravail. Sur la route j'essaie d'appeler l'Homme mais son téléphone est hors zone (je vous ai dit qu'on a moins de réseau dans ma maison que dans la grotte de Lascaux?). Je n'ai pas mon numéro de fixe. J'appelle ma petite soeur à son cravail pour qu'elle me donne mon numéro de fixe qu'elle a à sa maison. J'appelle ma maman qui est dans la maison de ma petite soeur mais qui n'a pas de réseau non plus. Je rappelle ma petite soeur pour lui demander de faire un mail à l'Homme pour lui dire d'appeler la maîtresse qui veut savoir comment il récupère les enfants à midi. Merci, ma petite soeur.
9h37: j'arrive au bureau, j'ai Comité de direction toute la matinée, j'arrive sur le fil juste avant que la réunion commence. C'est trèèès long parce que nous ne nous sommes pas réunis depuis novembre et que la pile de sujets est immense. Mes collègues me rappellent que demain après midi il y a Galette pour tout le personnel. Je dis "Ah bon?" Ils disent que c'est moi qui ai répondu en décembre pour approuver proposition, date et heure. Je dis que c'est bien possible que j'approuve des choses et que je les oublie complètement ensuite, ça me ressemblerait assez. C'est pas grave parce qu'en général je reste assez d'accord avec moi même d'un mois à l'autre.
14h04: nous sortons de réunion. Je mets au micro-ondes une patate à l'eau et un morceau de saucisson pistaché de chez Cellerier ramené par le chéri nr2 de mon chéri. (L'Homme est très attaché à ses amis, il y a sa maîtresse nr1 qui vit en banlieue parisienne ce qui m'évite probablement qu'il vive en réalité à 50% dans notre salon, et sa maîtresse nr2 qui vit à Toulouse et qui est le papa de mon filleul Mout', et qui nous rapporte des saucissons pistachés de chez Cellerier. mmmmm!)
14h27: je vais au supermarché avec ma chef faire les courses pour la galette de demain. Je suis très polyvalente.
14h54: je me mets aux dossiers en suspens. Les italiens ne sont pas tellement rentrés de vacances de Noël, les américains continuent à me rendre chèvre, les chinois sont très très loin, les allemands n'ont pas la rigueur qu'on leur prête, les anglais nous prennent pour des grenouilles de 3 jours, les français sont globalement collaboratifs en ce début d'année.
18h43: je quitte le bureau. France Inter est toujours en grève, ça devient contrariant. Je trouve par hasard le bouton qui permet de régler l'éclairage nocturne du tableau de bord de la voiture, yes!
19h15: j'arrive à la maison, Bilot joue à Zelda et le Gazou est sous une polaire sur le canapé avec son papa.
19h19: je prépare un gratin de potiron et un plateau de charcuterie à manger avec le pain hebdomadaire du village.
20h 08: nous passons à table
20h 41: je cherche le téléphone pour appeler ma maman et ma soeur et je trouve à la place un colis postal qui contient un cadeau de ma maman. Je trouve le téléphone, je dis des bisous et des mercis.
21h05: je surveille le brossage de dents et la mise en pyjama.
21h17: je refuse de lire l'histoire du soir parce que c'en est une que je n'aime pas, c'est l'Homme qui s'y colle pendant que je tricote.
21h25: je suis au lit avec 2 enfants : Bilot qui surveille que je finisse de tricoter son écharpe, Gazou qui a gagné le droit de s'endormir dans mon lit parce qu'il "n'a pas perdu une seule gommette du jour" et même de la semaine.
21h50: je suis au lit avec 2 enfants réveillés et insatisfaits. Le Pépère ne s'endort pas parce que la lumière est allumée et Bilot ne s'endort pas parce que son frère gigote. J'envoie le Pépère dans son lit, il pleure à chaudes larmes.
21h57: je finis les dernières mailles, j'expédie le Bilot dans son lit et je vais chercher le Pépère aux yeux rouges. Lui qui s'est donné tant de mal pour être sage à l'école et qui se faisait spolier de sa récompense...
22h00: en fait il n'a pas du tout sommeil
22h??: mon Gazou finit pas s'endormir les pieds sur l'oreiller, la tête contre mes genoux à travers la couette. Je m'endors aussi.
 
 
 
 

jeudi 13 décembre 2012

a jeudi in the life_guest star (2)

échantillon gratuit du quotidien de ma cop Sophie... (merci!)





 
Mon jeudi commence à minuit. Oui. Je viens de passer une heure trente dans l’aéroport de Dakar, avec un coup un poids mort de 15 kilos calé sur ma hanche droite et mon bras droit ; et l’autre coup, avec un poids mort de 18 kilos (ils se portent bien les enfants chez les Du****-Berton !) sur mon pied droit. Pourtant il paraît que nous sommes dans la file des business class et des familles (devinez à quelle catégorie j’appartiens ?!). Après avoir maudit un couple business class qui n’a pas eu l’idée de nous laisser avancer dans la file, et maudit un type qui ne s’est pas levé dans la navette qui nous amène à l’énorme avion à 10 mètres de nous (…) alors que nous sommes avec des enfants dans les bras (re : …), nous nous installons dans l’avion. 600 personnes à faire rentrer dans un avion ça prend du temps. Surtout quand le service de sécurité somnole. Noé s’endort directement. Le siège semble plus confortable que mon pied. Les yeux plein de fatigue je regarde Merlin qui a retrouvé du poil de la bête ! Une heure du matin environ (je n’ai jamais de montre), je sens une inflammation urinaire débarquer. Ce n’est pas le moment. Pourquoi ne peut-on pas se mettre en culotte dans les avions ? (Parce que nous aurions trop froid !) 01h30 : le pilote nous présente toutes ses excuses pour cette heure et demie de retard. J’attache ma ceinture ; nous décollons. 02h00, les lumières s’éteignent. 02h02 je me lève pour faire pipi (enfin, presque). 02h04 je parcours le couloir dans l’autre sens pour boire un verre d’eau. Je m’assieds. Je mets les bouchons dans mes oreilles, mon foulard sur ma tête. Au moindre bruit, je casse mon installation pour regarder si tout se passe bien du côté des enfants. Je remonte une jambe qui balance, je réinstalle un oreiller. 03h00 je me lève pour faire pipi (enfin, presque). 03h02 je vais boire un verre d’eau et je m’assieds sur mon siège en poussant légèrement le coude de Noé qui empiète d’une bonne dizaine de centimètres sur mon espace (déjà restreint). J’ai perdu les écouteurs, et c’est dommage car à la télé (qui se trouve dans le couloir...) je vois Isabelle Carré. Et moi j’aime trop Isabelle Carré ! Je plisse mes yeux et essaie tant bien que mal de lire les sous-titres en anglais. 03h45 je me lève pour faire pipi. 03h47 je vais boire un verre d’eau. Il faut savoir être patiente ; ça paie ; je vais mieux. (La prochaine fois que je voyage il faut impérativement que je pense à ne pas mettre un pantalon trop près du corps… Cette inflammation urinaire m’apprendra à ne pas être vaniteuse !). Je n’y vois pas grand-chose à la télé. Mais j’aime. Les décors font très années 70. 04h15, la télé s’arrête. Je remets Noé comme il faut sur son siège et pose mon étole sur ma tête. J’ai perdu mes boules Quiès. Je somnole. 05h00 je me lève pour faire pipi, et j’arrête de boire de l’eau. Je somnole. Je sursaute au moindre son émis par ma progéniture. Je jette un œil (voire deux) envieux sur Mont’ qui est à l’opposé de moi. Tant géographiquement que par son comportement. Il ne semble pas avoir bougé d’un pouce. Il n’a pas perdu ses boules Quiès, et sait que rien ne peut arriver aux enfants. Ca le fait dormir du sommeil du juste (à relativiser malgré tout, nous sommes quand même dans un avion !). 05h30, les lumières s’allument alors que je commence à rêver. La musique déploie ses décibels. Je rage à l’idée qu’ils vont réveiller les tourbillons en devenir. Rien ne se passe. Je souris. En plus il y a un petit déjeuner. Mmmm. Même qu’il est bon. Je mange celui de Noé pour la peine ! 07h30 nous atterrissons à Paris. Brrr… Il fait super froid chez nous. Mais comme Paris c’est le Nord par rapport à Bordeaux, je me dis qu’il fait peut-être meilleur à la maison (rhohoho !). Nous débarquons. Je porte Noé. Puis Sébastien négocie pour prendre un avion plus tôt que prévu pour nous faire arriver à bon port en fin de matinée plutôt qu’en début d’après-midi. Pendant ce temps là, je compare une puce à un pou, une petite puce à un gros pou et une grosse puce à un petit pou. Que voulez-vous, Noé est très comparaisons, et je me refuse (les ¾ du temps) à le laisser sans réponse ! J’explique aux enfants qu’il ne faut pas râler si nous n’avons pas pu prendre le petit déjeuner chez Paul. C’est que nous préférons partir vers Bordeaux avec deux heures d’avance sur le planning, plutôt que de boire un café même pas au lait, dans une tasse aussi petite qu’un dé à coudre. Sans grand résultat. 09h00 nous décollons. 10h15, nous partons dans le froid à la recherche de la voiture. 10h30, je m’endors lamentablement dans la dite-voiture. Je ferais bien taire les petites voix qui font un fond sonore, mais il faut laisser s’exprimer les enfants… 11h15 : home sweet home ! Douche pour tout le monde, petit déjeuner pour tout le monde. Sieste pour tout le monde. Sauf moi. Je suis de mauvaise humeur quand je fais la sieste. 14h00, je fais tourner ma deuxième machine, après avoir étendu la première. Je télécharge 600 photos. Je fais le tri. Plus que 400. C’est raisonnable pour un voyage de sept jours à l’étranger. J’ai tellement sommeil. 17h00, les enfants se réveillent et nous prenons un bon goûter (j’ai faim comme si j’avais bu la veille !). Nous nous installons devant Pompoko. Je somnole. Je réponds aux questions. Je somnole. 19h00, je prépare un autre petit déjeuner. Oui, ce n’est pas très équilibré tout ça, mais c’est qu’il n’y a plus rien dans le réfrigérateur. Et même s’il y avait, autant être honnête, je n’aurais rien cuisiné. 20h30, je couche les petits d’hommes. Comme je suis fatiguée, je ne sais même pas ce que nous faisons de notre soirée ! A 23h00, je vais faire pipi et je file me coucher !

vendredi 23 novembre 2012

a jeudi in the life _ guest star

échantillon gratuit de la vie quotidienne de ma petite soeur.

6h45 le réveil sonne
7h00 le réveil sonne.
C’est pas comme si je dormais à poings fermés de toute façon…cela fait trois heures que j’ai une saucisse de 2 ans et demi étalée de tout son long (82 cm) entre son papa et moi.
Selon les nuits, j’ai la tête ou les pieds…je ne sais toujours pas ce qui est le pire : avoir des cheveux dans le nez…ou se prendre des coups de pieds dans le même nez…

Je réveille mes deux grands.
Je descends faire une biberon, chauffer de l’eau pour le thé, griller 12000 tartines de pain, sortir les bols, le lait, le nesquick, tartiner 12000 tartines, nettoyer les miettes laissées par les mangeurs des 12000 tartines,
J’envoie tout le monde se laver les dents, je sors les vêtements des plus petits, je refais les lits, je mets les slips et chaussettes de la veille au sale, j’aère, je me douche, m’habille toujours pareil, ça va plus vite, je redescend, je lance une machine, je vérifie les cartables, j’attends le petit voisin que j’emmène parfois à l’école. J’insiste pour que les enfants ne partent pas sans manteau. Je nettoie le menton de mon fils plein de chocolat.
8h15 nous partons,
Dépôt des grands à l’école, de la saucisse à la crèche. Une chance, c’est au même endroit. Je croise des copines qui ne travaillent pas et qui discutent devant l’école. Une bise et je repars en me disant que ça doit être chouette parfois de pas travailler.
Je remonte dans ma voiture.
8h40 j’ai l’impression d’avoir déjà fait une journée.
C’est pas grave j’écoute de la politique sur Inter, ça me donne l’impression d’être intelligente et d’avoir un avis sur plein de choses (sauf que j’ai la lucidité de reconnaître que ce n’est pas mon avis, et que d’ailleurs je n’ai d’avis personnel que sur très peu de questions).
8h57 je rigole trois minutes avant de descendre de voiture
9h je suis devant mon ordinateur.
J’attends mes collègues pour boire un café.
Ça vaut pas le coup de se mettre à bosser pour 10 minutes alors soit je lis mes mails, soit je vais sur internet, histoire de dépenser les sous que je vais gagner dans la journée.
9h02 Je remplis un panier sur un site de vêtements pour enfants, ou de livres, ou de plein d’autres choses dont je n’ai pas vraiment besoin.
9h10 Je referme la page du site sans avoir validé et payé mon panier.
J’ai économisé 92 euros.
Je travaille (fusions, contrôles fiscaux, remboursement crédit TVA…). Je n’aime pas quand mon téléphone sonne, cela veut dire du boulot en plus et j’en ai déjà trop.
12h15 je reçois un message d’une collègue affamée.
Je mange (mal) à la cantine mais je rigole bien. J’ai plein de copines très sympas.
On constate qu’il n’y a pas UN mec potable dans une société de 6000 personnes. La faute à l’industrie du camion ? A ma myopie ? Ou parce que l’amour que je porte à mon mari me rend aveugle ?

13.30 Je retourne bosser.
17h25 je pars dire au revoir à ma chef, qui me retarde systématiquement de 5 minutes quand je pars (d’où le départ à 17h15 et non à 17h30).

Je fonce.
Je surveille de loin s’il y a beaucoup ou pas beaucoup de feus arrières de voiture sur le boulevard. S’il le faut, je change d’itinéraire au dernier moment.
J’ai hâte de retrouver mes trois soleils.
J’arrive à 18h à la crèche. Je suis la dernière maman.
J’ai droit à un gros câlin.
Je récupère mes deux grands qui râlent à la minute où je les récupère. J’ai droit à des questions qui m’exaspèrent : « qu’est-ce qu’on mange ?» « qu’est-ce qu’on fait en rentrant ? ». Les soleils se voilent de nuages.
18h15 je suis rentrée à la maison.
Ma maman est là, elle a fait le dîner (ouééé).
Je mets un DVD à ma saucisse, je lui donne un biberon pour avoir 10 minutes de tranquillité.
Je m’installe au calme avec ma grande pour revoir ses leçons sur la respiration et le rôle du cœur. Je ne comprends rien aux histoires d’échanges gazeux, d’alvéoles pulmonaires…je lui en veux malgré tout de ne rien comprendre. Je m’en veux de lui en vouloir de ne rien comprendre alors que je n’y comprends rien moi-même.
Je lui crie dessus parce qu’elle met 10 minutes à se mettre un bracelet autour du poignet alors qu’il y a une évaluation demain et qu’elle n’a rien retenu de sa leçon.

Dîner d’une bonne soupe de ravioles (merci maman).

19h35 j’emmène ma grande au spectacle, voir une troupe canadienne entre danse et cirque (les 7 doigts de la main, génial). 20 minutes de voiture aller, autant au retour.
On retrouve des copains. Bonne soirée.
22h30 je suis de retour à la maison. J’ai faim. Je mange des gâteaux.
Je me couche un bon livre entre les mains.
Je n’entends pas mon mari rentrer, donc je ne peux pas vous dire à quel heure il est rentré.
Je me réveille dans la nuit, j’ai la gorge toute sèche. Il faudra que j’achète un humidificateur. Je me rendors.

Voilà une journée de ma life.
Les autres jours c’est plus animé, les enfants ont sport et je dois préparer le dîner !!

jeudi 22 novembre 2012

a jeudi in the life (3)

Nous sommes jeudi et je n'ai rien reçu... les intéressées se reconnaitront.

jeudi 8 novembre 2012

a jeudi in the life (2)

échantillon gratuit de ma vie quotidienne.

07:50 le réveil sonne, je m'extrais de mon lit avec la grâce d'une baleine échouée et je claudique jusqu'à la salle de bains. Hier je me suis couchée à 20:30 avec 38.5° à cause d'une infection urinaire que j'ai laissée traîner trop longtemps (non, je n'ai aucun amour propre), résultat maintenant je ne marche pas droit.
08:19 une banane en poche en guise de petit déjeuner, je monte dans la mégane que la boîte me prête en attendant que ma voiture soit réparée. Je séquestre le double des clés dans le tiroir de mon bureau depuis le jour où la mégane avait disparu à l'heure du déjeuner, pour être sûre de savoir si j'aurai une voiture pour rentrer le soir ou si je devrai faire du stop sur la rocade.
08:52 j'arrive au bureau EN AVANCE, prouesse qui n'est réalisable que les jours où les enfants dorment encore quand je quitte la maison.
10:23 je renonce à me faire un café, puisque le docteur dit que quand on s'abreuve de café le bilan hydratation est négatif et je bois encore un peu d'eau. 3 litres dans la journée c'est insurmontable.
11:04 je croise la 5e personne en 2 heures qui me dit que j'ai vraiment mauvaise mine aujourd'hui. Je me demande si je vais finir par craquer et faire une annonce officielle pour dire que j'ai le pipi qui brûle et un rein pourri histoire d'arrêter de répondre "non non, ça va". Mais non, quand même, ça casserait mon image glamour. 
12:43 il est possible que je finisse pas honnir l'Italie toute entière si sa population s'obstine à me faire braire...
13:27 dans ma quête du "toujours moins de temps au supermarché" je fais mes courses en ligne sur le site Meclerc drive. Ils n'ont pas de jus de pomme bio frais et je m'interroge sur le bilan écologique d'aller en plus exprès à l'Inter d'à côté en acheter. Je serai écolo (et faignante), nous boirons du jus pas frais.
13:43 je mets une barquette de gratin de saint-jacques surgelé au micro-onde et je déjeune avec ma moitié achats et la responsable ADV, nous parlons de la gastronomie néerlandaise, elle est originaire des Pays Bas et conseille d'aller manger au restaurant indonésien si on veut gouter quelque chose de typique en Hollande.
14:17 je suis fâchée avec l'intégralité du Piémont. 
16:23 mon copain de bureau, le directeur de prod, grattouille à la vitre de mon bureau sans fenêtre et me dit qu'il doit me sortir pour déjeuner la semaine prochaine parce que j'ai mauvaise mine.
17:02 je décide qu'ils ont tous raison et que je vais donc rentrer à la maison plus tôt ce soir. Quand je l'en informe, ma responsable me dit qu'elle croyait que j'étais déjà partie. 
18h16 l'Homme me dit qu'il n'a pas envie de cuisiner ce soir, vu qu'il a déjà fait à manger hier. A part 2 poireaux défraîchis nous n'avons plus un légume, je prépare donc un gratin de macaroni. Je m'aperçois alors que les pâtes sont déjà dans l'eau bouillante que nous n'avons plus non plus ni lait, ni crème, ni oeufs. Ca résout la question de savoir si j'irai au bureau demain: je dois aller chercher les courses chez Meclerc drive donc autant aller travailler.
19h35 nous finissons de dîner à l'heure où j'arrive habituellement à la maison, c'est trop bien d'être malade! je vais pouvoir me coucher plus tôt que d'habitude! je monte doucher les enfants, leur faire mettre les pyjamas et brosser leurs dents.
20h15 nous lisons Caroline et la nuit de Noël et Une soupe au caillou.
20h47 Une bouillotte et dodo.

jeudi 11 octobre 2012

a jeudi in the life

échantillon gratuit de ma vie quotidienne.

07:50 le réveil sonne, je pousse le bouton "répéter" pour grappiller 5 minutes. 2 fois.
Finalement je me lève pour allumer le four et réchauffer les pains au laits que j'ai préparés hier soir vers 22h avec mon tout nouveau livre de cuisine.
J'allume l'Ipad sur le jeu de simulation que j'ai téléchargé la semaine dernière et, en même temps que je m'habille, j'envoie mes petits personnages au travail pour la journée.
Je réveille mon Bilot et lui sors des vêtements propres, je sors de sa chambre en lui demandant de ne pas se rendormir.
Je me maquille le nez collé au miroir parce que sans mes lunettes je ne vois pas à 30 cm, je vais réveiller le Gazou pendant que l'Homme prend sa douche. 
Je fais semblant de ne pas voir le petit bonhomme caché derrière la porte de sa chambre et fouille sous la couette. Finalement il rit tellement que je ne peux plus faire semblant de ne pas l'entendre. 
Je l'habille avec le t-shirt jaune fluo que j'avais acheté à HongKong pour sa soeur il y a 5 ans car il ne veut rien mettre d'autre aujourd'hui. Je pense à Maëlle qui a hérité de la robe beatles.
Je me peigne pendant que les enfants descendent petit déjeuner avec leur Papa.
08:32, j'allume la bouilloire, je devrais déjà être dans la voiture. Je lace mes Converse pendant que le thé infuse.
08:40 avec un stock de bisous pour la journée et un pain au lait chaud, je mets le contact.
Je roule jusqu'à Toulouse en compagnie de P Cohen, mais je zappe sur le Mouv' régulièrement, quand l'invité du jour abuse de la langue de bois.
08:53 un bouchon sur la rocade dès la sortie du péage, ça s'annonce mal...
09:18 j'arrive au bureau bien en retard, il n'y a plus de place sur le parking et je me gare comme un cochon dinde.
J'ai 63 mails à écluser et une gentille pile de dossiers qui m'attendent depuis hier. Cette semaine j'ai décidé de prendre le temps de traiter les dossiers au lieu de surfer sur l'urgence. D'où les 63 mails...
Je pars en réunion pour des problèmes de qualité atterrants, et je me concentre pour retenir quelques infos pour plus tard. L'inconvénient de travailler depuis à peine un an dans une boîte où la moyenne d'ancienneté est de 8 ans, je suis toujours à la rame pour suivre de quoi les autres parlent... Les sujets sont parcourus, le plan d'action établi, je retourne à mon bureau. 72 mails.
J'en tombe quelques uns (chiffrages, questions logistiques, demandes d'avoir, dates de départ de containers, contrôles de factures, quelques signatures...), je m'attèle à un gros dossier, le téléphone sonne toutes les 12 minutes environ et à chaque fois je réalise une pirouette mentale pour essayer de basculer instantanément sur ce dont on me parle (avec plus ou moins de succès) car rares sont les interlocuteurs qui prennent la peine d'envisager que tu n'étais pas nécessairement précisément absorbée dans exactement les mêmes réflexions qu'eux à la seconde où ils t'ont appelée... mais je cultive le détachement et, d'une façon générale, je tâche de ne pas me laisser polluer par l'orgueil, ce qui me permet de répondre sans complexe "alors là je t'arrête tout de suite, je ne vois absolument pas de quoi tu me parles". Tant pis si j'ai l'air d'une quiche.
Je bois quelques cafés.
Finalement j'échoue dans mon ambition de ne pas traiter 3 sujets en même temps.
56 mails.
13:20 je file faire des courses chez Edouard, je dois trouver un cadeau pour une petite fille car Bilot est invitée à 2 anniversaires ce week end. Je me cache les yeux en traversant la librairie, pas le temps. Je prends des notes sur les nouveaux jeux de société en prévision de Noël.
Je remplis un demi caddie en courant à moitié car le frigo est honteusement vide à la maison, ça on peut dire qu'une belle aversion envers les grandes surfaces c'est un bon moyen de lutter contre le gaspillage... On ne fait les courses que quand il n'y a vraiment plus rien à manger. Et qu'on a fini le stock de pâtes, même quelquefois en mélangeant des fonds de paquets dépareillés.
14:15 déjà en retard, je renonce à passer au drive McD, il doit me rester un plat cuisiné dans le congélateur du bureau.
Je trouve une vraie place sur le parking.
14:24 je mets un porc au caramel Picard au micro ondes et jette un oeil à ma boîte mail : 63, retour à la case départ. J'attrape au vol l'informaticien qui passe dans le couloir (il ne vient qu'une demi journée par semaine) et nous avons un dialogue de sourds pendant quelques minutes. Je lui explique que ce n'est pas la peine qu'il me donne tous les détails, de toute façon je n'en comprends pas un mot. Néanmoins il résout mon problème, manifestement lui me comprend. 
Flo, ma moitié dédiée aux fournisseurs francophones, vient me chercher pour une réunion sur l'espace de stockage en chambre froide qui est saturé or nous devons recevoir 640 m2 de fibre de carbone bla bla bla... Bref, On trouve une solution.
15:37 je retrouve ma barquette de porc au caramel dans le micro onde, je la réchauffe.
Je reprends mes dossiers en cours fourchette à la main.
Mon tiroir vibre.
Je vais chercher un café. Je croise notre correspondant chinois et j'en profite pour lui coller un dossier sous le bras.
Je signe les réappros.
Je cours sur le parking en pleine averse pour fermer les fenêtres de la voiture.
Je  décide de réduire le nombre de mails non lus qui s'accumulent. 
J'ai un appel d'un commercial qui veut des informations sur des délais et qui voudrait aussi quelque chose qui n'est pas du tout possible. Je dis non. Il dit "c'était ta réponse?" Je dis oui. Il dit qu'on va devoir en reparler. Je dis d'accord. Le directeur commercial est dans mon bureau depuis 5 minutes avec son mug ferrari à la main, je raccroche et je lui explique qu'on va en reparler mais que ce sera quand même non. Il me parle d'un contrat avec un fournisseur américain pour la boîte à coucous, je sais bien quel est le problème j'y suis jusqu'au cou, d'un autre fournisseur américain qu'il a croisé à Düsseldorf et qui m'envoie son bonjour bien que je ne l'aie jamais vu, et des minima de prod de nos cousins italiens parce que bon mais quand même.
De fil en aiguille le temps passe. Tiens un mail de StGobain, je fais suivre la demande à notre responsable Qualité, mon tiroir vibre plus fort. Je pense tout d'un coup à mon nouveau Pomme-phone de bureau qui est dans ce tiroir, ah ben oui tiens, c'est lui qui vibre! Mon premier appel... C'est le responsable Qualité. Finalement il monte l'escalier pour venir me voir et m'expliquer comment on règle le son, et comment on enlève l'option vibreur, et comment on configure la boîte mail pour ne récupérer les messages qu'à la demande (ah tiens, encore 56 mails)... Je remets la bestiole dans sa boîte en carton en attendant de lui acheter une robe neuve.
18:36 je récupère mes courses dans le frigo et je quitte le parking toujours sur FrInter. Pas d'embouteillage sur la rocade.
19:02 Bilot m'ouvre la porte et me déleste d'un sac de courses, c'est une perle ce Bilot. Nous révisons les régions de France avec des "creillons de couler" pendant que l'asticot boude car on ne s'occupe pas de lui et il a trop faim. Pour le consoler, je lui demande de m'aider à râper les carottes. Le jeudi c'est le soir du pain frais du village, c'est donc un dîner tartines de beurre-carottes râpées. Oui, bon, au moins c'est rapide.
20:16 je fais couler le bain des poulets et je les trempe au court bouillon une petite demi-heure histoire de laver les cheveux pleins de la poussière orange de la cour de récréation.
Je frictionne le Pépère avec de l'huile prodigieuse additionnée d'huile essentielle de lavande parce qu'il est couvert de piqûres, probablement d'aoutats. Il cocotte. Je démêle la tignasse de la tigresse. 
L'Homme monte leur raconter l'histoire du soir pendant que je me lave dans leur bain encore chaud, c'est mon côté écolo: je me lave dans la crasse de mes enfants. 
Bilot choisit un livre de contes africains qu'elle affectionne bien que la moitié des histoires soit totalement incompréhensible. On se dit que ça développe son sens de l'absurde. Gazou veut qu'on lui lise les Trois brigands, mais d'abord il éjecte son père du lit parental pour que ce soit "Maman qui raconte". Bon, ça va, pas de commentaire sur l'oedipe, la symbolique et tout le tintouin, on est pas aveugles non plus... Bilot suit son papa par solidarité. Je lis les Trois brigands et j'expédie mon crapaud dans son lit. Je vais faire le bisou de bonne nuit à mon Bilot joli.
J'allume l'Ipad pour voir la météo de demain, je collecte le fruit du labeur de mes petits personnages et je les envoie tous faire des courses au supermarché. Sauf un, qui n'a pas l'option courses, celui là va jouer de la cornemuse jusqu'à demain.
21:34 je descends pondre un roman.
23:35 je vais me coucher, demain j'ai une journée pas très différente qui m'attend.